Deux envoyés spéciaux assassinés : la difficile liberté de presse

Publié le - Mis à jour le 04-11-2013

Deux envoyés spéciaux de Radio France internationale (RFI) ont été exécutés samedi 2 novembre 2013, au Mali (Afrique). Les noms de Ghislaine Dupont et Claude Verlon s’ajoutent à la longue liste des reporters ayant perdu la vie au cours de leur travail. Plus de 40 journalistes ont déjà été tués depuis le début de l’année…

Une affiche annonce le deuil des collègues des journalistes tués au Mali, au siège de RFI, à Paris, le 3 novembre 2013. (PIERRE ANDRIEU / AFP)

Ils préparaient à Kidal, au nord du Mali, une émission spéciale pour Radio France internationale (RFI). C’est en sortant de chez un responsable politique que les deux journalistes, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, ont été enlevés. Malgré l’alerte donnée et les barrages mis en place par les militaires français, présents dans le pays, la voiture des kidnappeurs est parvenue à quitter la ville. Les corps des reporters ont été découverts un peu plus tard sur la route, à une douzaine de kilomètres de Kidal

*La presse malmenée au Mali*

Dimanche 3 novembre 2013, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a annoncé que ces meurtres seraient l’acte de terroristes. Le nord du Mali est occupé, depuis 2012, par des groupes armés islamistes qui, pour imposer leurs idées, n’hésitent pas à attaquer la population ou les étrangers qui viennent dans le pays. La situation politique étant très instable dans la région de Kidal (comme dans le reste du Mali), le travail des journalistes y est très difficile. Selon l’organisme Reporters sans frontières, le Mali est à la 99e place du classement mondial de la liberté de la presse en 2013… soit une chute de 74 places par rapport au classement de 2012 !

*À quoi sert la liberté de la presse ?*

Pourquoi les journalistes doivent-ils pouvoir travailler sans contraintes dans n’importe quel pays ? Pour que chaque citoyen puisse avoir « une information libre et de qualité », déclare le Syndicat national des journalistes (SNJ) dans un texte qui rend hommage aux deux journalistes de RFI. Un pays qui, par exemple, diffuse uniquement son point de vu et refuse à la presse de s’exprimer est un État fermé ; il ne laisse, en effet, aucune possibilité à la population d’entendre autre chose que ce qu’il dit. Car pour se faire une opinion et être libre de penser ce que l’on veut, il faut disposer d’une large source d’informations. L’information étant rapportée par les journalistes, voilà pourquoi la liberté de la presse est importante et si défendue.

 

Myriam Rembaut

 

Recommandations