Des preuves de l'emploi de gaz mortels en Syrie

Publié le - Mis à jour le 05-06-2013

Après avoir effectué des analyses sur des échantillons, rapportés par des journalistes, la France a affirmé, mardi 4 juin 2013, que la Syrie a bien utilisé des gaz toxiques contre les rebelles en but au gouvernement du président Bachar al-Assad.

un combattant rebelle tire dans les rues d'Alep, en Syrie, lundi 3 juin 2013. (MUZAFFAR SALMAN / REUTERS)

« Bienheureux celui qui saura dire ce qui se passera prochainement… », lance Aymeric Elluin d’Amnesty international France. Depuis plusieurs mois, des indices laissaient supposer que des armes chimiques étaient utilisées dans le conflit en Syrie. La France en a apporté la preuve, mardi 4 juin 2013 : un laboratoire a clairement identifié les traces d’un gaz toxique dans des échantillons prélevés, le 29 avril 2013 à Saraqib. En employant du gaz sarin (lire l’encadré ci-dessous), la Syrie méprise les règles que s’engagent à respecter les combattants lors d’un conflit : ce type d’action militaire, contraire aux lois internationales, est désigné comme un « crime de guerre ».

Que peut-il se passer maintenant en Syrie ?

Pour la France, une étape supplémentaire a été franchie dans les combats en Syrie. Les États-Unis avaient également fait de l’utilisation des armes chimiques une « ligne rouge » à ne pas dépasser. Plusieurs pays pourraient-ils s’allier pour intervenir en Syrie, où deux camps ennemis s’opposent maintenant depuis deux ans ? « Il est difficile de répondre à cette question, explique Aymeric Elluin. Selon les Nations unies, depuis 2011, le conflit syrien a fait près de 100 000 morts. Au-delà de l’atrocité des faits, les armes chimiques ont été utilisées en "quantité limitée". Il est raisonnable de penser que les pays du monde vont encore beaucoup discuter, et tenter de faire pression sur la Syrie et sur les États qui la soutiennent. »

Débattre et négocier

Concernant l’utilisation de gaz toxiques, les Nations unies souhaitent, de leur côté, des preuves incontestables en envoyant des enquêteurs (qui ont prêté serment et donc irréprochables) sur le terrain. « Les États cherchent à gagner du temps », ajoute Aymeric Elluin d’Amnesty international France. Une grande réunion internationale, qui aura lieu dans les jours à venir à Genève, doit permettre de négocier des accords… Dans l’espoir de faire cesser les combats et redonner peut-être un peu de paix à la Syrie.

Myriam Rembaut

Le savez-vous ?

Le gaz sarin

Le sarin est un gaz inodore et incolore, particulièrement toxique, même à très faible dose. Il attaque le cerveau et peut (en fonction de la dose reçue) entraîner la mort, par arrêt de la respiration et du cœur. Ce produit mortel a été mis au point, en 1939, par un chimiste allemand qui travaillait sur les pesticides. Le gaz sarin a été employé par une secte, en 1995, dans le métro de Tokyo, au Japon.

 

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