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Sunnites-chiites : frères ennemis ?

Decod'actu - saison 2

Publié le - Mis à jour le 19-01-2017

Pour comprendre ce qui oppose aujourd'hui les musulmans chiites et les musulmans sunnites, il faut faire un peu d'histoire... Derrière un schisme religieux, certes avéré, c'est un jeux d'échec qui se joue sur la carte du Moyen Orient et à plus large échelle : du monde.

L'histoire d'abord. C'est bien connu, les questions d'héritage scindent parfois certaines familles. L'islam ne déroge pas à ce constat.

Tout commence en 632 par une question de succession à la mort du prophète Mahommet. Les chiites considèrent que le pouvoir légitime revenait de droit au descendant direct du prophète, Ali, époux de sa fille Fatima, alors que les sunnites ont jugé préférable de suivre Abou Bakr, l'un de ses fidèles compagnons. Bien évidemment, il existe des sous-courants du chiisme et du sunnisme et du sunnisme, mais restons large pour mieux comprendre. Autre différence notoire : les chiites disposent d'un clergé structuré construit autour des mollah qui participent à la vie religieuse de la communauté, prêchent et collectent des impôts. Il y a aussi, des mojtahed, autorisés à prononcer une interprétation personnelle des lois de l’islam. D’un motjahed à l’autre, les avis peuvent être très différents.  Et enfin les ayatollah, qui sont eux qualifiés pour enseigner et donner leur avis sur des questions religieuses. 

Les sunnites, eux, se contentent des Imams dans les mosquées pour diriger les prières communes, et, dans certains pays de l'avis des oulémas, savants de l'Islam, pour trancher les questions religieuses. Bien sûr, les us et coutumes entre les deux courants sont bien différents, mais ils s'accordent sur deux choses : tous ne croient qu'en un Dieu unique, et respectent cinq piliers communs de l'Islam.

Voilà pour les idées. Tentons maintenant de situer un peu les choses : Quelques années plus tard, en 2011, les printemps arabes secouent les pays du maghreb notamment, et se propagent à la Syrie qui bascule dans la guerre civile. La répression du régime de Bachar El Assad, chiite alaouite, dans un pays à majorité sunnite en colère contre le pouvoir, favorise la montée en puissance des extrémismes et des antagonismes entre sunnites et chiites. Machiavelique, Bachar El Assad libère des centaines de prisonniers djihadistes qui viendront gonfler les rangs de la rébellion qu’il combat. Il se pose alors en rempart contre les islamistes. Et entend ainsi légitimer ses incessants bombardements contre la population. Le conflit se régionalise et s’internationalise et la Syrie devient alors le théâtre d’affrontements par blocs interposés. D'un côté l’Iran, dont les forces et les milices chiites internationales combattent aux côtés de la Russie, De l'autre, les puissances sunnites qui appuient les groupes rebelles.

Au sein de tous ces conflits se jouent des jeux d'alliances qui sous une apparente complexité, révèlent une logique de blocs mus par la défense de leurs propres intérêts géostratégiques et économiques. Un jeu jeu dangereux qui traduit des luttes d’influence et d’hégémonie. Une logique bien connue dans laquelle la religion est instrumentalisée à des fins politiques

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : Corner Prod

Production : 2017

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