Menaces sur la liberté de la presse

Decod'actu - saison 2

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Publié le - Mis à jour le 06-07-2017

La liberté d'expression est un droit humain fondamental et la liberté de la presse le fondement de toute démocratie. C’est un contre-pouvoir essentiel !

Et pourtant... les attaques à l'encontre de la presse par les politiques se multiplient depuis quelques années. Les médias sont en effet de plus en plus vilipendés dans les grandes démocraties. L'exemple le plus symbolique est celui de Donald Trump aux États-Unis qui a basé une partie de sa campagne sur l'attaque des médias, et qui continue depuis qu'il a été élu Président.

En France aussi la situation s’est dégradée. Certains médias ont par exemple été attaqués tout au long de la campagne présidentielle. Les journalistes ont été sifflés, hués, pris à partie dans les meetings de François Fillon et Marine Le Pen notamment. D’autres se sont vus interdire l’accès à certains meetings ou réunions… certains ont même été expulsés violemment.

Concentration des médias

Autre atteinte à la liberté de la presse : la concentration des médias. Et c'est particulièrement vrai en France. En effet les médias privés français sont en grande partie détenus par des groupes industriels et financiers : Le Figaro par le vendeur d'armes et sénateur Serge Dassault… TF1 par le géant de la construction et des télécommunications Bouygues… Le Monde, L'Obs et Télérama par le trio : Pierre Bergé, Xavier Niel, Mathieu Pigasse… ou encore Libération, l’Express, RMC et BFM TV, détenus par le groupe de Patrick Drahi… pour ne citer qu’eux. Des groupes dont les objectifs ne sont pas toujours très journalistiques soulignent certains. 

Ce phénomène de concentration des médias entre les mains de quelques grands groupes industriels et financiers soulèvent des questions liées au pluralisme et à la diversité de l’information, mais aussi à l’indépendance de ces médias vis à vis ceux qui les possèdent. En effet, des risques de conflits d’intérêts, ou encore d’autocensure de la part des journalistes, existent.
Mais au delà de ces risques, il en existe d’autres, bien plus dangereux.

Des journalistes assassinés

Selon l’ONG Reporters Sans Frontières, en 2016, 74 journalistes ont été tués dans le monde alors qu'ils faisaient leur métier. 21 l'ont été sur le terrain, en reportage, et 53 journalistes ont été assassinés ou tués délibérément, pour les faire taire, les empêcher d'enquêter et de nous informer.

Selon Reporters Sans Frontières, 72 pays menacent aujourd’hui gravement la liberté de la presse. Dans son rapport 2017, l’ONG épingle ces adversaires de la presse et les pays en queue de classement : Al-Sissi, le président égyptien… Xi Jinping en Chine, Erdogan en Turquie, Khamenei en Iran ou encore Kabila en République Démocratique du Congo. 

Parmi les 25 pays où la presse est la plus attaquée, RSF recense l’Égypte et le Bahreïn : « des  prisons à journalistes »… le Turkménistan, « l’une des dictatures les plus fermées au monde »… le Mexique, où les journalistes qui couvrent la corruption de la classe politique ou les affaires de narco-trafic sont victimes d’intimidations, de menaces et d’assassinats... et la Syrie, pays le plus meurtrier pour les journalistes. 

En juin 2017, au moment où nous écrivions ces lignes, 12 journalistes ont déjà été tués dans le monde depuis le début de l’année, simplement parce qu'ils faisaient leur travail, celui de nous informer sur le monde qui nous entoure. Et oui, dans certains pays, informer, tue.

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : Corner Prod

Auteur : Arnaud Aubry

Production : 2017

Diffusion : 2017

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