Les violences policières aux Etats-Unis

Decod'actu - Saison 1

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Publié le - Mis à jour le 04-11-2016

Ils s'appelaient Michael Brown, Freddie Gray, Eric Garner... Comme des centaines d'autres Afro-américains, ils ont été tués par la police. Ils étaient non armés, non violents, parfois atteints de troubles psychiatriques, certains étaient même mineurs... Leur décès, filmé par des passants avec des téléphones portables, a provoqué un électrochoc au sein de l'opinion publique. Des émeutes ont éclaté aux quatre coins du pays. Des mouvements plus pacifiques ont également émergé, comme Black Lives Matter qui se bat contre l’impunité des forces de l’ordre.. 

Les violences policières sont un vrai problème aux Etats-Unis : en 2015, 1146 personnes ont péri sous les balles de la police selon les calculs du journal The Guardian. Soit un peu plus de 3 par jours. Ces violences touchent plus particulièrement une population : les Afro-américains. La preuve : en 2015, un quart des personnes tuées par la police étaient noires, alors qu’elles ne représentent que 12% de la population totale. Entre l'âge de 15 et de 34 ans, les jeunes afro-américains ont 5 fois plus de risques de se faire tuer par la police que leurs compatriotes blancs !

Ces chiffres très impressionnants sont révélateurs des discriminations sociales et du racisme structurel dont sont victimes les Afro-américains. Il suffit de regarder la situation de plus près pour s'en apercevoir. Par-exemple, les indicateurs de l'emploi : les Afro-américains ont un taux de chômage 2 fois plus importants que celui des blancs. Même conclusion pour les statistiques d'emprisonnement : les noirs représentent 40% de la population incarcérée, quand ils ne sont que 12 % de la population américaine. Et côté richesse ? 24% d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté, contre 10% des blancs. 

Cette situation accablante est l'héritage d'un long passé de discriminations, mais aussi de luttes :  de la fin de l'esclavage en 1865, à Rosa Parks en 1955, et jusqu'au fameux « I have a dream» de Martin Luther King, leader du mouvement pour les Droits Civiques, en 1963, les combats des Afro-américains sont inscrits dans l'Histoire des Etats-Unis.

Aujourd'hui, ces idéaux n'ont pas disparu. Ils refont même surface. C'est à ce passé de lutte que fait référence Beyonce dans ses clips et concerts quand elle reprend les codes des Blacks Panthers, un mouvement révolutionnaire afro-américain des années 60. Et même le monde sportif s'y met. Le 14 août dernier, Colin Kaepernick, un joueur de football américain, décide de rester assis durant l'hymne américain joué avant chaque match. Le scandale est énorme dans le pays. Pourtant très vite, d'autres se joignent à lui, profitant de leur notoriété pour sensibiliser le pays à l'oppression raciale et aux injustices que vivent les noirs américains.

Côté politique, on aurait pu s'attendre à ce que Barack Obama s'attaque à ce problème. Mais le premier président noir des Etats-Unis n’a pas pu apaiser les tensions ethniques de son pays, sûrement, comme l'expliquent des analystes politiques, parce qu'il ne voulait pas être le « président de l'Amérique noire », mais celui de tous les Américains.

Cet échec de Barack Obama est en tout cas une nouvelle preuve qu'au pays de la liberté, l'égalité a encore bien du chemin à parcourir.

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : Corner Prod

Production : 2016

Diffusion : 2016

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