Les perturbateurs endocriniens : tous contaminés ?

Decod'actu - saison 2

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Publié le - Mis à jour le 19-04-2017

On les trouve dans les nappes phréatiques, le maquillage, la nourriture et même les couches pour bébés ! Eux, ce sont les perturbateurs endocriniens. Derrière ce nom un peu barbare se cache un des poisons modernes de notre société.

Commençons par une définition : les perturbateurs endocriniens sont des substances naturelles ou artificielles qui pénètrent dans l’organisme par la bouche, le nez, la peau. Elles y interférent avec le système endocrinien – c'est-à-dire les organes qui sécrètent des hormones - et entraînent des effets néfastes chez une personne, voire ses descendants. Un perturbateur endocrinien bien connu des scientifiques, le distilbène, a des effets sur au moins une ou deux générations.

Présents dans certains produits industriels, mais aussi dans l’eau, l'air ou l’alimentation, leurs noms ne vous seront peut-être pas étrangers : le bisphénol A, que l'on trouvait jusqu'en 2010 dans les biberons et que l'on trouve encore dans les boîtes de conserve ; les phtalates, que l'on retrouve dans presque tous les produits en PVC mais aussi les médicaments ; les paraben dans le shampoing ; les dioxines comme le PCB, un isolant électrique presque ininflammable, interdits depuis 1987, dont on trouve encore pourtant de nombreuses traces dans l'environnement.

Les perturbateurs endocriniens peuvent modifier le fonctionnement du corps de plusieurs manières. Tout d'abord en mimant l'action des hormones naturelles, ce qui peut déclencher des réactions non souhaitables. Le bisphénol A peut ainsi imiter l'action des oestrogènes, l'hormone sexuelle féminine, ce qui pourrait expliquer l'apparition précoce de la puberté chez les jeunes filles. Ils peuvent au contraire bloquer les récepteurs hormonaux et empêcher l'action des hormones. C'est ainsi que les alkyphénols, présents dans les cosmétiques et certains pesticides, entraîneraient des problèmes de fertilité. Enfin, ils peuvent – comme leur nom l'indique - perturber la production ou la régulation des hormones ou de leurs récepteurs. Les phtalates, le bisphénol A et les retardateurs de flammes, sont ainsi suspectés d'interférer avec la synthèse d'hormones thyroïdiennes.

Au niveau santé, les preuves scientifiques s'accumulent à l'encontre des perturbateurs endocriniens : cancers du sein, de l’utérus, de la prostate et des testicules. On évoque aussi leur responsabilité dans les malformations, le diabète ou l’obésité. Des maladies et troubles chroniques dont la part attribuable aux perturbateurs endocriniens, coûterait 163 milliards de dollars chaque année à l'Europe.

De nombreuses interrogations demeurent sur les mécanismes d’action de ces substances, multiples et complexes, auxquelles nous sommes exposés à faibles doses et dans la durée, mais aussi à des périodes critiques de notre développement. Ceci est d'autant plus vrai que nous sommes exposés dans notre vie à plusieurs centaines de perturbateurs endocriniens, ce qui entraîne un effet cocktail, et aggrave les effets de chaque perturbateur endocrinien pris individuellement.

On le voit, la situation n'est pas très rose... Surtout que question alternative, on n'est pas aidés ! Tout simplement parce qu'à l'heure actuelle il n'existe pas d'étiquetage obligatoire... Eviter les perturbateurs endocriniens, c'est donc quasiment mission impossible !

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : Corner Prod

Auteur : Arnaud Aubry

Production : 2017

Diffusion : 2017