Le viol, ce tabou !

Decod'actu - saison 2

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Publié le - Mis à jour le 28-09-2017

Pour de nombreuses victimes, le viol reste un tabou. Et pour cause, selon l’Observatoire national de la délinquance, seule une victime sur cinq se rend à la police ou à la gendarmerie. Un chiffre qui en dit long sur la honte et la culpabilité qui pèsent sur les victimes.

Le viol est un acte sexuel contraint et sans le consentement de la victime. Le Code pénal le définit comme « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise ».

Le viol sur des personnes majeures est un crime sévèrement puni par la loi puisque l’agresseur peut encourir jusque 15 ans de prison, voire 20 si les faits sont aggravés ou s’il concerne un mineur de moins de 15 ans. 
Mais ça n’a pas toujours été le cas. Si en France, le viol est condamné depuis 1810, il faudra attendre 1980 pour qu’il soit reconnu comme un crime, donc punissable comme tel. Autre avancée majeure en juillet 2010 :  on ne présume désormais plus que la victime était consentante dans le cas d’une plainte contre l’époux ou l’épouse. Un sacré pas dans la reconnaissance du viol conjugal, surtout lorsqu’on sait qu’ils représenteraient environ 30% des viols commis.

Et oui, parce que l’image du viol commis dans une ruelle sombre par un inconnu a la peau dure alors que dans les faits, plus de 80% des agresseurs sont des amis, des membres de la famille ou le conjoint. 
Les chiffres concernant les dénonciations sont eux aussi troublants puisque seulement 13% des victimes de viols portent plainte, et 1% aboutissent à une condamnation.
Selon L’insee, chaque année en moyenne, 84 000 femmes et 14 000 hommes, majeurs, déclarent avoir été victimes de viol ou de entative de viol. Soit 1 viol toutes les 5 minutes environ. Et ces chiffres ne tiennent pas compte des viols sur mineurs qui représentent 60% des victimes.

Malgré ces chiffres éloquents, le viol reste aujourd'hui encore tabou. Pour 40% des Français interrogés, l'auteur d'un viol est moins responsable si la victime a une attitude provocante Reste à définir ce que pourrait être une attitude provocante… Une notion toute relative. Et quoi qu’il en soit, une tenue sexy  une pause ou un regard suaves, ne justifient en rien qu’une personne non consentante soit sexuellement agressée. Autre chiffre troublant, 17% des personnes interrogées estiment aussi que contraindre son conjoint à avoir un rapport sexuel n'est pas un viol. Inquiétant.

Mais la bonne nouvelle, c’est que la parole des victimes se libère peu à peu et le sentiment de honte et le secret qui entourent le viol, reculent, à l'image de Clémentine Autain qui a lancé le manifeste des 313 dans lequel  des centaines de femmes déclarent ensemble avoir été violées. Ou encore Chloé Fontaine qui a sorti en 2017 son court métrage "Je suis ordinaire" dénonçant le viol conjugal.  

En définitve, la règle du consentement est simple : marié ou pas, volage ou fidèle, ivre ou en pleine conscience, si ce n’est pas oui, c’est non !

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : Corner Prod

Auteur : Sarah El Makhzoumi

Production : 2017

Diffusion : 2017

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