Disparition des abeilles : c'est grave docteur ?

Decod'actu - saison 2

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Publié le - Mis à jour le 18-09-2017

Avis aux amateurs de miel ! Votre douceur pourrait bientôt devenir un produit rare.
Ces 20 dernières années, la production de miel a été divisée par 3 en France, passant de 32 000 tonnes en 1995, à 9 000 tonnes en 2016… une année particulièrement catastrophique.
La faute à une disparation dramatique des populations d’abeilles domestiques partout dans le monde. En vingt ans, le taux de mortalité moyen de l’insecte est passé de 5 % à 30 % aux États-Unis, et il dépasse 20 % de moyenne dans de nombreux pays européens. 
En France, certains apiculteurs ont accusé jusqu’à 90 % de pertes – loin des 5 à 10 % de mortalité généralement constatés dans les colonies d’abeilles.

Qu'est ce qui provoque la disparition des abeilles ?

Les premiers coupables, ce sont les pesticides, en particulier les néonicotinoïdes. Derrière ce nom barbare, un puissant neurotoxique mis au point dans les années 1980, qui agit directement sur le système nerveux central des insectes. Ces pesticides sont les plus efficaces jamais créés, et les abeilles ne sont pas plus épargnées que les autres insectes. A haute dose, les néonicotinoïdes provoquent leur mort. Une plus faible dose affecte les capacités cognitives des butineuses qui ne retrouvent plus le chemin de la ruche. Surtout, ces pesticides sont dits « systémiques » : ils sont présents dans toute la plante, de la tige au pollen et jusque dans le nectar. De plus, ils persistent longtemps dans l'environnement, ce qui veut dire une contamination à long terme.

Pourtant, les néonicotinoïdes ne sont pas les seuls responsables de la disparition des abeilles. Les chercheurs parlent d'une combinaison de facteurs : l’agriculture intensive, la simplification des paysages, mais aussi le frelon asiatique introduit accidentellement en 2004, ou encore un parasite qui porte le nom effrayant de Varroa Destructor !

L’effondrement des populations d’abeilles domestiques mais aussi sauvages, n’est pas seulement une mauvaise nouvelle pour les amateurs de miel et les apiculteurs.
Les butineuses sont le plus important des pollinisateurs : elles participent à 80% de la reproduction des espèces végétales dans le monde. Et pas moins d’un tiers de l’alimentation mondiale dépendrait de cette pollinisation ! Sans abeilles, pas de tomates, de courgettes, de fraises ou encore de pommes.

Face au fléau, le législateur commence à chercher des solutions. En 2013, un moratoire européen a suspendu l’utilisation des néonicotinoïdes pour quatre cultures visitées par les abeilles : le colza, le tournesol, le maïs et le coton. Les parlementaires français sont même allés plus loin puisqu'ils ont voté en juillet 2016, dans le cadre de la loi sur la biodiversité, l’interdiction totale des néonicotinoïdes en France. Une loi qui rentrera en vigueur à partir du 1er septembre 2018 et dont on espère qu’elle permettra de limiter la disparition des abeilles, dont le rôle essentiel dans le maintien de la biodiversité et l’alimentation de l’humanité, n’est plus à prouver.

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : Corner Prod

Production : 2017

Diffusion : 2017

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