Le père de la « loi sur la pilule » est mort

Publié le - Mis à jour le 27-11-2013

Il s’appelait Lucien Neuwirth et, en 1967, il fait voter la loi autorisant l’utilisation d’un contraceptif, c’est-à-dire un moyen pour les femmes de gérer leurs grossesses. Avant lui, la vente de « la pilule », par exemple, était interdite en France. Lucien Neuwirth est mort mardi 26 novembre à l’âge de 89 ans.

Il sera qualifié de « malfaiteur public » par un grand nombre d’élus du Sénat. Lorsque le sénateur Lucien Neuwirth défend sa proposition de loi pour rendre légal les moyens contraceptifs, comme la pilule, la France est encore très attachée à ses traditions. Il est malvenu, à l’époque, de parler de sexualité. Mais convaincu que les femmes doivent pouvoir maîtriser leur fécondité, Lucien Neuwirth entreprend de changer l’état d’esprit du milieu politique. Il commence par le chef de l’État, qui est le général de Gaulle. Malgré le soutien de ce dernier, le sénateur doit batailler avant d’arriver à faire voter son projet de loi, en décembre 1967.

L’accès à l’information pour les jeunes

Pour élaborer cette loi, autorisant les moyens contraceptifs, Lucien Neuwirth travaillera avec Le Planning familial, une association créée en 1956, qui rassemble des femmes et des hommes voulant autoriser l’avortement et la diffusion de tous les moyens pour maîtriser les naissances. L’homme est aussi convaincu de l’importance d’expliquer la sexualité dans les programmes scolaires. Sa loi permettra la création de centres d’information spécialisés pour les jeunes. Plus tard, Lucien Neuwirth soutiendra l'éducation à la sexualité obligatoire à l'école (trois séances par an du CP à la terminale), mise en œuvre par une loi en 2001.

Savoir parler de la sexualité

L’information sur la sexualité est un point essentiel à aborder avec les enfants qui préparent leur future vie d’adultes et de citoyens. Marie-Pierre Martinet du Planning familial explique que l'éducation à la sexualité n'est pas encourager les activités sexuelles. « En apprenant à connaître le fonctionnement du corps des filles et des garçons, chaque élève développe surtout une attitude responsable et respectueuse à l'égard des autres et d’eux-même. » L’éducation sexuelle permet de prévenir les différentes formes de violences, comme les agressions contre les femmes ou les homosexuels. Elle incite aussi à lutter contre les inégalités hommes-femmes. « La sexualité n’est pas sale, rappelle Marie-Pierre Martinet. Il ne faut jamais hésiter à en parler lorsque l’on se pose des questions. »

 

Myriam Rembaut

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