En France, des millions d'enfants ne mangent pas tous les jours à leur faim

Publié le - Mis à jour le 02-09-2013

2,4 millions d’enfants vivent dans la pauvreté en France (chiffre du rapport 2011-2012 de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale). Le Secours populaire vient de lancer un cri d’alarme, pour que la lutte contre ce fléau devienne une priorité nationale. Julien Lauprêtre, président du Secours populaire, s’inquiète de la situation.

Des volontaires de la Croix rouge discutent avec des sans abri dans un tunnel à la gare de Chatou (Yvelines), le 3 novembre 2012. (LOIC VENANCE / AFP)

Aujourd’hui, des millions d’enfants ne mangent pas à leur faim ?

Malheureusement oui. Et j’ai des exemples terribles qui le prouvent… Chaque année, nous permettons à des enfants, issus de familles ayant des difficultés financières, de partir en vacances. Lorsqu’ils reviennent, nous leur demandons ce qu’ils ont le plus aimé… La couleur de la mer Méditerranée ou la hauteur de la tour Eiffel qu’ils n’ont jamais vus ? Non, beaucoup d’entre eux nous disent qu’ils ont été marqués par le fait qu’ils ont eu trois repas par jour ! Ce manque de nourriture au quotidien est un constat alarmant !

Les jeunes viennent-ils solliciter une aide alimentaire ?

L’an dernier, 150 000 jeunes, parfois à peine âgés de 15 ans, sont venus frapper aux portes du Secours populaire pour effectivement demander une aide alimentaire. Et ceux-là ont osé venir réclamer ! Combien restent cachés et tentent de se débrouiller par eux-mêmes ?

C’est difficile de tendre la main pour demander…

Oui, c’est difficile ! Les jeunes ont une grande fierté… C’est pour eux que nous avons créé des « solidaribus » pour aller au-devant de toutes ces personnes isolées. Il faut leur montrer qu’ils ne sont pas des assistés et qu’ils peuvent relever la tête, notamment en s’impliquant dans des actions. Ils doivent se sentir utiles.

Que leurs proposez-vous ?

Ils peuvent participer à des actions solidaires. Par exemple en ce moment, de nombreux jeunes acceptent de jouer les « pères Noël verts ». Il s’agit d’intervenir dans des villes de France pour apporter du réconfort aux familles qui, comme eux, sont dans le besoin.

Le gouvernement a annoncé des mesures pour lutter contre la pauvreté. Qu’en pense le Secours populaire ?

C’est une bonne initiative que de montrer la gravité du problème de la pauvreté en France, mais rien n’a été dit ou presque sur l’aide alimentaire. On a parfois l’impression qu’il est honteux de dire qu’aujourd’hui des gens, dont des enfants, ne mangent pas à leur faim. Pourtant c’est la réalité ! L’an dernier, nous avons distribué 180 millions de repas ; que ferons-nous si l’aide alimentaire européenne est supprimée ? Il faut beaucoup plus de solidarité !

Propos recueillis par Myriam Rembaut

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