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Textes rédigés par : Édith Fuchs | Mis à jour le 19/02/2013 à 09:58 | publié le 06/01/2012 à 04:30
Présentation de l'auteur

Édith Fuchs, normalienne et agrégée de philosophie, est professeur honoraire de philosophie en première supérieure et maître de conférence à l’Institut d’études politiques de Paris. Elle fut également, en 2011, lauréate du Prix Osiris de l’Institut de France pour son ouvrage Entre Chiens et Loups. Dérives politiques dans la pensée allemande du XXe siècle, Paris (Le Félin), 2011.

Qu’est-ce que la démocratie ? – Dossier Philosophie

« La démocratie consiste dans l’exercice, soit direct, soit indirect, du pouvoir par le peuple. Cette organisation politique implique un état social caractérisé par le fait que tous sont égaux devant la loi, que tous possèdent les mêmes droits. Les fonctions sont accessibles à tous, (...) les citoyens devant être appelés à la vie intellectuelle et morale, et de plus en plus mis en état d’exercer, d’une façon efficace et raisonnée, la part de pouvoir qui leur est attribuée, l’Etat démocratique a l’obligation d’instituer des œuvres d’instruction et d’éducation, et des œuvres de solidarité. Le régime démocratique a pour instrument le suffrage universel et pour cadre plus particulièrement approprié la forme républicaine ». (Encyclopédie Larousse du XXe siècle, 1929, T. II p. 760.)

Qui proclamerait son admiration et sa préférence pour un régime totalitaire ? Même des mouvements théocratiques en appellent à la démocratie pour obtenir droit de cité dans des contrées ou dans des régimes qui les contestent. Même des partis fascisants ou fascistes estiment avoir pleinement le droit de bénéficier des libertés démocratiques pour s’organiser et s’exprimer publiquement, bien qu’ils soient des ennemis de la démocratie. La plupart disent qu’en démocratie personne ne doit être « diabolisé » mais, au contraire, tout le monde doit pouvoir agir et s’exprimer librement.

Si on n’oppose plus guère « absolutisme » – « théocratie » – « despotisme » – « tyrannie » – « monarchie » à « démocratie », en revanche « dictature » et « dictateur » font retour dans le langage répandu, tandis que recule « totalitarisme » ; le succès de ce vocable en guise de seul et unique antonyme à « démocratie » durant toute la guerre froide dut beaucoup aux écrits de Hannah Arendt1.

Pour clarifier les significations, il faut laisser de côté louanges ou reproches : la seule considération des principes et des notions offre un champ de réflexion suffisamment vaste.

1 Hannah Arendt, Les origines du totalitarisme. Ce volumineux travail est divisé selon ce qu’Arendt nomme « les trois piliers de l’enfer » : antisémitisme, impérialisme, totalitarisme. La première édition américaine date de 1951. On trouvera une traduction et des commentaires par exemple dans l’édition effectuée sous la direction de Pierre Bouretz, conjointement avec d’autres textes : Arendt. Les Origines du totalitarisme. Eichmann à Jérusalem. Paris, Gallimard Quarto, 2002.

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Morpheus Profil Autre

Toujours selon Manin : « Une des premières décisions de l'Assemblée nationale fut d'interdire, dès juillet 1789, la pratique du mandat impératif. Cette décision ne devait jamais être remise en cause, ni pendant la Révolution, ni après. » On voit bien que l'oligarchie issue de la Révolution ne voulait pas de démocratie, mais souhaitait préserver son autonomie et son indépendance vis-à-vis du peuple, jugé incapable de se diriger lui-même. C'est une attitude intrinsèquement despotique.

Le 21.11.2012 à 22:54

Morpheus Profil Autre

Dans Bernard Manin (Principes du gouvernement représentatif) : « Weber range au nombre des caractéristiques de la démocratie directe les institutions suivantes : révocabilité permanente des élus, rotation des charges, sélection des gouvernants par tirage au sort, mandats impératifs. » C'est peu dire que nous sommes loin du compte, aucune de ces caractéristiques ne correspondant à nos gouvernements actuels, prétendument >démocratiques< ...

Le 21.11.2012 à 22:49

Morpheus Profil Autre

Selon Aristote, il y a trois forme de gouvernement : 1) la monarchie = le gouvernement d'un seul ; 2) l'oligarchie (aristocratie) = gouvernement du petit nombre ; 2) la démocratie = gouvernement du grand nombre. La monarchie est désignée par l'héritage consanguin ; l'oligarchie (aristocratie) est désignée par l'élection ; la démocratie est caractérisée par le tirage au sort des magistrats. Il ne fait donc aucun doute que nous faisons un lourde erreur en confondant la démocratie avec l'élection.

Le 21.11.2012 à 22:44

Morpheus Profil Autre

[Les ignorants auront raison contre les savants, les enfants contre l'expérience des plus âgés, les voyous contre les hommes honnêtes, et ainsi du reste, de sorte qu'à la fin, les rapports de force l'emporteront] Il est piquant de constater que tout ce que dénonce ainsi Platon est exactement ce à quoi nous assistons chaque jour dans nos gouvernements prétendument représentatifs. Il faut cependant noter que les philosophes étaient, dans leur majorité, favorable à l'aristocratie (= oligarchie).

Le 21.11.2012 à 22:38

Morpheus Profil Autre

Dans un authentique démocratie, le pouvoir suprême, qui est celui de voter les lois, demeure le privilège exclusif des citoyens réunis en assemblée. Ce pouvoir n'est pas délégué à des représentants, qu'ils soient élus ou tirés au sort. Les magistrats (représentants) ont essentiellement des rôles d'administrateurs (au service du peuple), il doivent rendre des comptes (mandats impératifs), leurs mandats sont courts et non renouvelables (rotation des charges) et ils peuvent être révoqués.

Le 21.11.2012 à 22:34

Morpheus Profil Autre

Il y a une grande différence entre voter nous-mêmes nos lois et aliéner ce droit à une élite désignée par l'élection. Dans le premier cas (la démocratie), nous agissons en tant que citoyen ; dans le deuxième cas (l'oligarchie élective), nous agissons en simple électeur. Un citoyen est supérieur à l'électeur, car il vote les lois auxquelles il consent à se soumettre (lois endogènes) ; l'électeur, lui, est soumit à des lois qui lui sont imposées par ses élus, c'est-à-dire ses maîtres politiques.

Le 21.11.2012 à 22:30

Morpheus Profil Autre

Un gouvernement représentatif était donc considéré, à la fin du XVIIIe siècle, comme radicalement différent de la démocratie, alors qu'il passe aujourd'hui, trompeusement, pour une de ses formes. Selon Aristote, en démocratie les magistratures sont attribuées par le sort, tandis qu'il est considéré comme oligarchique qu'elles soient attribuées par l'élection.

Le 21.11.2012 à 22:24

Morpheus Profil Autre

Madison, en Amérique, ne considérait pas la représentation comme une approximation du gouvernement par le peuple (...) mais au contraire un système politique substantiellement différent et supérieur. Sieyès, en France, soulignait avec insistance la « différence énorme » entre la démocratie où les citoyens font eux-mêmes la loi et le régime représentatif dans lequel ils aliènent leur pouvoir souverain à des représentants élus.

Le 21.11.2012 à 22:19

Morpheus Profil Autre

Bernard Manin - il faut le lire absolument si l'on s'intéresse à ce sujet - explique dans son livre « Principes du gouvernement représentatif » : « Les démocraties contemporaines sont issues d'une forme de gouvernement que ses fondateurs opposaient à la démocratie. L'usage nomme « démocratie représentative » les régimes démocratiques actuels. (...) Or ces institutions n'ont nullement été perçues, à leurs débuts, comme une variété de la démocratie ou une forme de gouvernement par le peuple. »

Le 21.11.2012 à 22:14

Morpheus Profil Autre

Les partisans de la représentation, contemporains de Rousseau, même s'il faisaient un choix opposé au sien, apercevaient une différence fondamentale entre la démocratie et le régime qu'ils défendaient, régime qu'ils nommaient « gouvernement représentatif » ou encore « république ». C'est par la suite, avec Tocqueville et son livre "De la démocratie en Amérique" qu'un glissement sémantique trompeur à remplacé le mot "gouvernement" par "démocratie".

Le 21.11.2012 à 22:11

Morpheus Profil Autre

Platon était un ardent pourfendeur de la démocratie. Je dis bien "de la démocratie", et non "de la démocratie 'directe'", car cette notion, pour les grecs (y compris les philosophes, opposés pour la plupart à la démocratie) savaient qu'il n'y a de démocratie QUE "directe". L'idée que la démocratie puisse être "indirecte", c'est-à-dire "représentée" est un oxymore moderne, une idée reçue, trompeuse et fausse.

Le 21.11.2012 à 22:06

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