À l’heure actuelle, les élèves peuvent débuter l’étude du latin en cinquième et celle du grec en troisième. Quasiment tous les collèges proposent au moins l’option latin mais sont souvent obligés de la supprimer, faute d’un nombre de candidats suffisants. Si celle-ci attire environ 150000 collégiens en cinquième, ils ne sont plus que 14000 en terminale, alors qu’elle est souvent bien notée aux épreuves du bac, contrairement à d’autres options. Pourquoi une telle désaffection pour le latin et le grec? Leur étude présente pourtant des avantages non négligeables.
Le français comporte une majorité de mots issus du latin (environ 80 % du vocabulaire) et du grec. Travailler les langues « mortes » permet donc de comprendre la formation des mots, de saisir leur sens, d’éviter beaucoup de fautes d’orthographe. Pour prendre un exemple simple, « cheval » se dit « hippos » en grec et « equus » – (equi au pluriel) en latin: on retrouve ces racines dans hippisme, hippodrome, hippocampe ou équitation, équidés… À ne pas confondre avec « aequus » qui signifie « égal » et qui est présent dans équidistance, équilatéral, équateur…

Et si les déclinaisons sont absentes de notre grammaire, leur apprentissage développe des aptitudes à l’analyse et à la synthèse. En latin ou en grec, impossible de traduire ou même de comprendre une phrase sans connaître la nature et la fonction du mot. Finalement, la grammaire française se maîtrise peu à peu, s’assimile en profondeur, à travers les thèmes et les versions « antiques ». En effet, pour reconnaître les sujets, compléments d’objet, de lieu, de manière… il faut pouvoir identifier et appliquer la déclinaison adéquate puisqu’à chaque fonction correspond un cas.
Ainsi, par le biais des comparaisons et précisions imposées par les exercices de traduction, les élèves se familiarisent encore mieux avec leur langue maternelle.









